Pernod Ricard parvient à stabiliser ses ventes, mais le Moyen-Orient et le dossier Brown-Forman posent question
information fournie par Zonebourse 16/04/2026 à 11:05
Le numéro deux mondial des spiritueux derrière le britannique Diageo a vu son chiffre d'affaires s'établir à 1 945 millions d'euros sur son 3e trimestre fiscal, en croissance organique de 0,1% faisant mieux que le repli de 0,5% attendu par les analystes.
A titre de comparaison, l'activité avait reculé de 5% au deuxième trimestre en organique et de 7,6% sur le 1er trimestre sur la même base.
En données publiées, l'activité du propriétaire de la vodka Absolut, du whisky Jameson ou de la liqueur Malibu est ressortie en baisse de 14,6% entre janvier et mars.
Des performances géographiques contrastées
En Europe, son premier marché mondial, le groupe français a renoué avec la croissance sur le trimestre en faisant progresser ses ventes de 1% en données organiques, portées par les solides performances du rhum Bumbu, du champagne Perrier-Jouët et de Jameson.
Aux Etats-Unis, où le groupe réalise 19% de son activité, le chiffre d'affaires s'est contracté de 12% en données organiques, une performance toutefois meilleure que prévu sachant que le consensus anticipait un repli de l'ordre de 16%.
Par ailleurs, la dynamique s'est avérée très solide en Inde, son 3e marché mondial avec 13% des ventes, toujours tirée par ses whiskies locaux Royal Stag et Blenders Pride très prisés des consommateurs. La croissance organique y a atteint 11% sur le trimestre, un chiffre jugé "encourageant" par les analystes.
La Chine a quant à elle reculé de 7%, sous l'effet d'un contexte économique toujours difficile avec un faible moral des consommateurs et face à un environnement réglementaire durci, même si la tendance a bénéficié d'un Nouvel an chinois plus tardif.
Ces chiffres, jugés solides par les analystes, étaient accueillis timidement en Bourse où le titre gagnait 0,1% vers 10h30, évoluant dans le ventre mou d'un indice CAC 40 en hausse de 0,3% au même moment.
Des objectifs annuels revus en légère baisse, sans grande surprise
Cette amélioration des performances était toutefois compensée par des prévisions un peu plus prudentes, le groupe anticipant désormais une baisse du chiffre d'affaires en organique comprise entre 3% et 4% sur l'ensemble de l'exercice en raison du conflit en cours au Moyen-Orient et d'un environnement qui demeure "volatil et incertain".
Ces perspectives étaient cependant intégrées par le marché, Pernod ayant précédemment averti que son exercice 2025/26 constituerait une "année de transition".
Le dossier Brown-Forman plus que jamais au centre des préoccupations
Le groupe, qui affiche l'ambition de préserver sa marge opérationnelle organique autant que possible, notamment grâce à un strict contrôle des coûts et à l'exécution de son programme d'efficacités opérationnelles, n'a pas abordé la question de son projet de rapprochement avec Brown-Forman, le propriétaire de Jack Daniel's, évoqué à la fin du mois de mars.
Très surveillé par le marché, ce dossier a fait l'objet d'un développement notable hier soir, puisque le groupe Sazerac aurait proposé de racheter Brown Forman sur la base d'un prix de 32 dollars par action, soit près de 15 milliards de dollars.
A titre de comparaison, le titre a clôturé à un cours d'environ 29,6 dollars hier soir.
"La question se pose de savoir si c'est vraiment sérieux ou si Brown-Forman cherche à faire monter les enchères?"; s'interrogent ce matin les équipes d'Oddo BHF.
Chez Jefferies, on s'accorde aussi à penser que le débat du jour tournera essentiellement autour de de la pertinence du projet et de la capacité de Pernod Ricard à ne pas surpayer l'opération, alors que le groupe s'attache à faire preuve de discipline dans l'allocation de son capital.
"On reste sur notre position", souligne ce matin le broker américain. "Pour la famille Brown-Forman, un rapprochement avec Pernod représenterait l'option idéale, car cela leur permettrait de garder le contrôle au sein de la nouvelle entité", indique Jefferies.
"Mais attention au revers de la médaille : les pressions concurrentielles pourraient pousser Pernod à faire monter les enchères, posant un risque de "sur-offre" de nature à peser sur le cours de l'action à court terme", prévient le courtier.
| 66,9600 EUR | Euronext Paris | -0,06% |
A lire aussi
-
Plus de sept années d'"entente" pour empêcher les comparaisons de prix avec les grandes surfaces: l'Autorité de la concurrence a sanctionné jeudi Synadis Bio, le syndicat des magasins bio, et dans une moindre mesure des filiales de Carrefour et d'Intermarché, avec ... Lire la suite
-
Le premier groupe de transport aérien européen Lufthansa a annoncé jeudi mettre fin à l'activité de sa filiale régionale CityLine en raison de la hausse des prix du kérosène, liée à la guerre au Moyen-Orient, et de coûts entraînés par les mouvements sociaux. Lufthansa ... Lire la suite
-
Voici les derniers développements en lien avec la guerre au Moyen-Orient, alors qu'un fragile cessez-le-feu entre l'Iran et les Etats-Unis tient depuis le 8 avril : . Refus du président libanais d'un "contact direct" avec Netanyahu Le président du Liban, Joseph ... Lire la suite
-
La Bourse de New York évolue sans direction claire jeudi, au lendemain d'un double record, voulant toujours croire à une poursuite des négociations entre Washington et Téhéran, sur fond de résultats d'entreprises. Après avoir atteint de nouveaux sommets la veille, ... Lire la suite
Mes listes
Une erreur est survenue pendant le chargement de la liste
0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer